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92.1 La Trinité et la divinité de Jésus

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Bonjour c’est Roland pour un Quick-partage sur la divinité de Jésus plus particulièrement la trinité.

La trinité est-elle une doctrine chrétienne apparue après l’en 300 ?
Est-elle biblique ?
Jésus était-il Dieu ?
Ces questions reviennent en boucle. Souvent par l’intérmédiaire de musulmans, parfois par des chrétiens rejetant la trinité.
Est-ce que les apôtres et les disciples de Jésus croyaient en la divinité de celui-ci ?
Nous pouvons sans aucun doute répondre à l’affirmative à cette question :
Nous pouvons le voir dans plusieurs textes.
Plusieurs passages de l’Ancien Testament révèle la divinité du Messie.
Genèse 18.1–2 (BDS): L’Eternel apparut à Abraham près des chênes de Mamré. Abraham était assis à l’entrée de sa tente. C’était l’heure de la forte chaleur. 2 Il regarda et aperçut soudain trois hommes qui se tenaient à quelque distance de lui. Dès qu’il les vit, il courut à leur rencontre depuis l’entrée de sa tente et se prosterna jusqu’à terre.
Des érudits juifs voient cela comme une
Psaumes 45.7–8 (BDS): 7 Ton trône, ô Dieu, subsiste pour toute éternité,
le sceptre de ton règne est sceptre d’équité.
8 Tu aimes la justice, et tu détestes la méchanceté.
Aussi, ô Dieu, ton Dieu t’a oint d’une huile d’allégresse
et t’a ainsi fait roi, de préférence | à tous tes compagnons.
Ésaïe 9.5 (BDS): 5 Car un enfant est né pour nous,
un fils nous est donné.
Et il exercera l’autorité royale ;
il sera appelé
Merveilleux Conseiller, Dieu fort,
Père à jamais et Prince de la paix.
Ésaïe 61.1–2 (BDS): 1 L’Esprit de l’Eternel, du Seigneur, est sur moi
car l’Eternel m’a oint
pour annoncer aux humiliés une bonne nouvelle.
Oui, il m’a envoyé afin de panser ceux | qui ont le cœur brisé,
d’annoncer aux captifs leur délivrance
et à ceux qui sont prisonniers leur mise en liberté,
2 afin de proclamer, pour l’Eternel | une année de faveur
et un jour de rétribution pour notre Dieu,
afin de consoler tous ceux qui mènent deuil,
La Trinité est-elle par conséquent une notion juive ?
Bien sûr les juifs ne reconnaissent pas la divinité de Jésus.
L’étude du Judaïsme antique révèle que les idées ayant abouti à la formulation de la doctrine de la Trinité étaient présentes chez certains courants juifs:
Des idées comme :
- La nature divine du Messie
- La personnalité du Saint-Esprit
Et tout cela bien avant l’émergence du Christianisme.
Plusieurs passages de la Bible hébraïque évoquent clairement la divinité du Messie :
«Ton trône, ô Dieu, est à toujours. […] C’est pourquoi, ô Dieu, ton Dieu t’a oint d’une huile de joie au-dessus de tes compagnons» (Ps. 45v6-7). Ce passage donne au roi, au Messie («oint» en hébreu), le qualificatif de Dieu.
Le prophète Jérémie présente le Messie en ces termes : «Je susciterai à David un Germe juste. […] Et voici le nom dont on l’appellera : l’Éternel [YHWH] notre justice» (23v5-6 ; 33v16).
Jérémie 23.5–6 (BDS): Voici venir le temps,
l’Eternel le déclare,
où je vais donner à David un germe juste.
Il régnera avec sagesse
et il exercera le droit et la justice dans le pays.
6 A cette époque-là, Juda sera sauvé,
et Israël vivra dans la sécurité.
Voici quel est le nom dont on l’appellera :
« L’Eternel est notre justice ».
Jérémie 33.15–16 (BDS): 15 En ce temps-là, | à cette époque,
je ferai naître | un germe juste | dans la dynastie de David,
et il exercera le droit | et la justice | dans le pays.
16 En ce temps-là, | Juda sera sauvé,
Jérusalem vivra | dans la sécurité.
Voici quel est le nom | dont on l’appellera :
« L’Eternel est notre justice. »
L’application du Nom du Dieu d’Israël au Messie démontre le caractère divin de ce dernier.
Ésaïe 9.5 (BDS): 5 Car un enfant est né pour nous,
un fils nous est donné.
Et il exercera l’autorité royale ;
il sera appelé
Merveilleux Conseiller, Dieu fort,
Père à jamais et Prince de la paix.
Le prophète Ésaïe qualifie la figure de l’enfant messianique de «Dieu puissant» et de «Père éternel» (9v5)
Le passage de Jérémie 23v5-6 n’est pas appliqué au Messie que par les Chrétiens.
Les Juifs eux-mêmes qui appliquaient ce verset au Messie :
«Dieu appellera le Roi-Messie par son Nom, comme il est dit ‘Voici le nom dont on l’appellera : Yahvé, notre Justice’» (Midrash Rabba sur les Psaumes, chapitre 21)
«Nous le savons de Booz qui dit à Ruth ‘YHVH est vivant ! Reste couchée jusqu’au matin’ Grâce à cette adjuration, il vainquit sa passion, et comme il préserva l’alliance, il mérita d’être le géniteur de rois plus puissants que tous les autres et même du Roi-Messie, qui est appelé par le nom du Saint, béni soit-Il» (Le Zohar, 93b-94a. Le livre kabbalistique par excellence)
«Quel est le nom du Roi-Messie ? Rabbi Abba Bar-Kahana a dit : ‘YHWH est son Nom, ainsi qu’il est écrit : voici le Nom dont on l’appellera, YHWH, notre Justice’» (Midrash Rabba sur les Lamentations, chapitre 1v16)
«Concernant le Messie, voici le nom dont il sera appelé : YHWH notre Justice» (Talmud de Babylone, Baba Bathra75b)
«Et le Messie fils de David s’assiéra dans la Yéchiva d’en haut, par le Saint, béni soit-Il, et il sera appelé YHWH, comme est d’habitude appelé son Possesseur (le possesseur du Nom), ainsi qu’il est écrit, ‘et voici le Nom dont il sera appelé : YHWH notre Justice’» (Pirqei Mashiah, Midrashei Ge-oula)
«Dans la tradition Talmudique, le Messie a plusieurs noms. L’un de ces noms est Yinon (Engendré). En commentant ce nom, le MaHarSHA dit : Le sens est que, du temps du Messie, le Tétragramme (YHWH), Nom du Saint, béni soit-Il, sera fréquent dans la bouche de tout le monde. Car le Messie portera ce Nom. Ainsi qu’il est enseigné ‘Le Messie sera appelé du Nom du Saint, béni soit-Il’, selon qu’il est écrit ‘et voici le nom dont on l’appellera : YHWH, notre Justice’» (Shmuel Eliezer Edeles, alias MaHarSHA, sur le traité Nédarim 39b)
La description dans le livre de Daniel nous donne une image d’un Dieu qu’on pourrait considérer au-moins binaire.
Daniel 7.13–14 (BDS): Je regardai encore dans mes visions nocturnes :
Sur les nuées du ciel,
je vis venir quelqu’un | semblable à un fils d’homme.
Il s’avança jusqu’au vieillard | âgé de nombreux jours
et on le fit approcher devant lui.
14 On lui donna la souveraineté, | et la gloire et la royauté,
et tous les peuples, toutes les nations, | les hommes de toutes les langues | lui apportèrent leurs hommages.
Sa souveraineté est éternelle,
elle ne passera jamais,
et quant à son royaume, | il ne sera jamais détruit.
La description de Daniel va donc bien plus loin que la simple figure d’un Messie humain.
On y voit cinq caractéristiques :
- Il est divin
- Il a une forme humaine
- Il est une divinité d’apparence plus jeune que l’Ancien des jours
- Il est intronisé d’en haut
- Il reçoit tout pouvoir sur la terre
Associer le Messie aux «nuées des cieux» fait de lui un personnage divin.
Dans la littérature biblique, les nuées sont systématiquement associées à Dieu lui-même.
Ce passage présente donc le Dieu unique d’Israël sous la forme de deux personnes, l’Ancien des jours et le Fils de l’homme.
«L’idée d’un second Dieu, vice-roi de Dieu le Père, est l’une des plus anciennes idées théologiques en Israël. (…) les idées de la Trinité et de l’incarnation, ou du moins les germes de ces idées, étaient déjà présentes parmi les croyants juifs longtemps avant que Jésus ne surgisse sur scène».
La notion de «Trinité», comprise par les chrétiens et formulées par les Pères de l’Eglise dès le IVème siècle, n’est sans doute pas juive, mais celles de «double nature du Messie et de multi-personnalité de Dieu» le sont.
L’idée d’un Dieu « binitaire » est présente dans la littérature juive.
Ainsi, la période de rédaction des premiers écrits chrétiens est également celle du développement d’une théologie juive de la double nature du Messie.
L’attente d’un Messie divin «faisait pleinement partie de la tradition juive».
De nombreux Juifs, après l’exil babylonien, et plus particulièrement entre le IIe siècle av. J.-C. et le IIe siècle ap. J.-C., avaient adopté l’idée d’une nature divine du Messie, et la révélation d’un Dieu unique et multi-personnel
Ils n’y trouvaient rien de scandaleux ou de blasphématoire.
En réalité, les premiers judéo-chrétiens se différencient de leurs coreligionnaires juifs sur la base, non de concepts théologiques nouveaux, mais simplement d’une personne : Jésus.
«Toutes les idées sur le Christ [=le Messie] sont anciennes : la nouveauté, c’est Jésus. Il n’y a rien de nouveau dans la doctrine du Christ, excepté l’affirmation que cet homme-là est le Fils de l’Homme».
En fait, c’est la proclamation que Jésus est le Messie divin d’Israël qui distingue ses disciples des autres Juifs.
Ces Juifs qui confessent Dieu en trois personnes !
Le Dr Juif Benjamin Sommer affirme que les Juifs ont tort de se moquer des chrétiens trinitaires.
En effet, selon lui cette doctrine tire son origine du judaïsme antique.
Benjamin Sommer est professeur de Bible au Jewish Theological Seminary of America.
Il donne des exemples de textes Juifs qui confessent un Dieu en trois personnes.
Il n’avait pas du tout l’objectif de prouver que les juifs étaient trinitaires, mais c’est la conclusion à laquelle il est arrivé.
Il déclare notamment : «Le concept de Trinité est présent dans le Tanakh ainsi que dans le mysticisme juif»
Parmi les textes que Benjamin Sommer cite :
- Le Talmud de Babylone (Talmud Bavli), est l’un des deux talmuds existants (avec le Talmud de Jérusalem).
Il été compilé autour du VIème siècle de notre ère au sein de la diaspora juive du Moyen-Orient. Dans ce Talmud Babylonien 38b, en commentant Exode 24v1, le rabbin signale que quand Dieu dit «monte vers l’Éternel» (et non «monte vers moi»), il parle du Métatrôn (1) et non de Lui-même. Le Métatrôn est un titre du messager le plus élevé de Dieu, celui que l’Ancien Testament appelle «Ange de l’Éternel».
Ainsi, le rabbin attribue à ce Messager le nom YHWH, le Nom que Dieu a révélé à Moïse comme étant Son Nom propre. Et nous ne devons pas nous tromper : ce n’est pas parce que le titre d’ange lui est donné qu’il est considéré comme un être créé. Le mot «Mlak» en hébreu, que nous traduisons par Ange, signifie simplement Messager ou Représentant. Ainsi quand Jacob envoie des messagers à son frères Esau en Genèse 32v3, le mot hébreu utilisé est le pluriel de Mlak, le pluriel d’ange. C’est ainsi que le rabbin pouvait dire que le Messager de Dieu est YHWH, l’Éternel. Le spécialiste Juif Nahum Sarna reconnait également qu’il «est clair que dans plusieurs textes, la distinction entre Dieu et son Ange s’estompe. (Gen. 16:7-9, 11; 22:11-12, 15-18; Exod. 3:2, 4; Jug. 6:11-23). Lors de l’Exode hors d’Egypte, c’est tantôt Dieu (Exod. 13:21), tantôt son Ange (14:9) qui mène le camp des Israélites».
- Le Targum (traduction de la Bible hébraïque en araméen, ou textes hébreux de la Torah accompagné de commentaires en araméen, à l’époque de la captivité babylonienne), parle d’une certaine entité appelée Memra (ou Parole) de Dieu, qui est une personne distincte de Dieu, mais qui partage les attributs de Dieu. Ainsi le Targum, en expliquant de nombreux passages de la Bible qui décrivent une action de Dieu, dit que c’est en fait la Parole de Dieu qui est à l’oeuvre. Ainsi, le Targum affirme que la Memra de Dieu crée l’homme, révèle les 10 commandements, sauve Israël, assiste Moïse, etc. lui attribuant ainsi des actions divines tout en la distinguant de YHWH. Il est clair aussi que la Parole de Dieu est une personne pour les Juifs antiques. L’Ange (ou la Parole) de Dieu sont ainsi, dans le Targum, ce qui permet d’être en relation avec Dieu.
- Le philosophe Philon d’Alexandrie (20 AV-JC – 45 AP-JC), dit également dans ses écrits, qu’il existe trois Figures Divines dans l’Ancien Testament qui font ce que Dieu seul fait. Philon d’Alexandrie appelle la Parole de Dieu, Premier-né (Sur les Rêves, Livre I, 37.215), Gouverneur et Administrateur de toutes choses (Questions et Réponses sur Genèse, 4.110), Grand-Prêtre (Sur la Fuite et les Trouvaille, 10.108-109), Fils de Dieu de qui Adam a été fait l’image (Sur la Création 40.139). Il suggère aussi que le Messie, dont il est question en Zacharie, ne serait pas un simple homme, mais une personne divine. Enfin, Philon affirmait par ailleurs que Dieu apparait à son peuple sous la forme de l’Ange de l’Éternel dans des visions. Pour lui, l’Ange était une manifestation de Dieu apparent sous cette forme (Philon, Som. I 234-237). Le spécialiste juif Alan F. Segal remarque que Philon affirme que le logos (la Parole) était le partenaire de Dieu dans la création. Ainsi, il appelait le logos, « Le Commencement », « le Seigneur des anges », et plus significativement, « le Nom de Dieu ». Puisqu’il voyait le logos comme une émanation de Dieu, il pouvait en parler comme de sa descendance, ou comme le premier-né de Dieu. Il était considéré comme immortel, un homme céleste, vrai père de l’humanité. (Alan F. Segal, Two Powers in Heaven, [Brill Academic, 2002], p. 173 quoting Leg. All. Iii, 96; Conf. 146; Agr. 51; Fug. 72, etc.). Des rabbins du second siècle rapportent des croyances similaires venant de la période du Second Temple et de la période Tannaïtique.
Et qu’en est-il du Saint-Esprit ? Le Judaïsme est-il binitaire ou trinitaire ?
Le Targum connait aussi une troisième entité, appelée Saint-Esprit, intercédant entre l’Éternel et Israël.
Dans le Midrash (étude) des Lamentations, il y a des réflexions sur la personne du Saint-Esprit.
Par exemple, Lamentations Rabbah 3:60,9 rapporte qu’après que l’empereur romain Hadrien ait exécuté deux Juifs, le Saint-Esprit se mit à crier : «Tu as vu, Ô Éternel, le mal qui m’est fait. Prends en main ma cause ! Tu vois leur vengeance, leurs complots contre moi». Voilà un exemple du Saint-Esprit intercédant. Selon Lévitique Rabbah 6:1, le Saint-Esprit est un conseiller-avocat qui parle de la part du Seigneur à Israël et de la part d’Israël au Seigneur… Dans toutes ces citations, qui peuvent être facilement multipliées (voyez par exemple, Genèse Rabbah 84:11; Cantique des cantiques Rabbah 8:16, Lamentations Rabbah 1:48), il est clair que le Saint-Esprit est considéré comme une personne, un «qui» et non un «quoi», avec une dimension personnelle et non simplement un pouvoir impersonnel.
Il est considéré comme Dieu Lui-même et toutefois comme une entité distincte de Dieu qui peut intercéder entre Dieu et l’homme.
Le philosophe Philon d’Alexandrie rapporte encore que :
- le Saint-Esprit est Divin (Sur les Géants, chapitre 11),
- il viendra demeurer dans des personnes pour les aider à faire la volonté de Dieu (Les Lois spéciales, I, 54),
- il sera répandu sur des personnes (Sur les Vertus, 39),
- il conduira les personnes à chercher Dieu et à l’adorer (Les Lois spéciales, I, 48).
Enfin, Philon rapporte, au sujet de Genèse 18v2 où l’Éternel apparait à Abraham et celui-ci en levant les yeux voit 3 hommes, une tradition juive disant que ces trois sont Dieu.
Il dit : «Il est raisonnable que l’un soit trois et que les trois soient un» (Philon d’Alexandrie, Sur Abraham 199-122)
La Trinité, un dogme judéo-chrétien !
On peut se poser la question suivante : «Les juifs antiques croyaient-ils en la Trinité ?»
« En regardant les sources juives on voit ceci : la notion d’un Dieu multi-personnel n’est pas une idée inventée par les chrétiens ni volée aux païens.
Comme nous l’avons dit, ce sont eux qui ont formulé précisément la doctrine trinitaire, mais ils ont derrière eux une longue tradition juive reconnaissant un Ange/Parole/Fils/Sagesse et un Esprit appelés, avec le Père, Yahweh et accomplissant des oeuvres divines.
Leur relation avec le Père étant décrit comme «procédant de» Lui ou «émanant de» Lui.
Ainsi, sans confesser explicitement la Trinité, ils allaient dans le sens de celle-ci, la formulaient comme en balbutiant.
Une formulation imprécise qui essaye de rendre cohérentes les données de l’Ancien Testament.
L’éclairage du Nouveau Testament a permis aux Chrétiens de confesser avec une précision admirable ces vérités.
Et c’est en réaction aux chrétiens que les Juifs ont changé leurs interprétations, progressivement, tout au long du Moyen-Âge, comme en témoignent les pères de l’Église comme Justin Martyr, contemporain des premiers changements d’interprétation».
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